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Liberté et déterminisme Liberté et déterminisme
Liberté et déterminisme est un sujet majeur à maîtriser pour le bac de philosophie. Voici une fiche qui récapitule tout ce que vous devez... Liberté et déterminisme

Liberté et déterminisme est un sujet majeur à maîtriser pour le bac de philosophie. Voici une fiche qui récapitule tout ce que vous devez savoir sur cette notion pour réussir l’épreuve haut la main.

 

Liberté et déterminisme : la problématisation

Parmi les nombreux sujets de philosophie, dissertations et explications de texte, la question de la liberté humaine et de sa possibilité dans un monde plus ou moins déterminé revient souvent.

Pour faire simple, le problème est le suivant :

D’un côté, le sentiment de liberté est enraciné au plus profond de nous-mêmes ; comme l’écrit Rousseau dans La Nouvelle Héloïse, « un beau raisonneur aura beau me prouver que je ne suis pas libre, le sentiment intérieur, plus fort que tous ses arguments, le dément sans cesse ».

De l’autre côté, le monde semble ordonné selon des lois indépendantes à notre volonté, qui permettent, comme l’écrivait Condorcet dans son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain de déduire des événements du passé les lois qui présideront à l’avènement du futur. Si ces lois existent pour la nature et la science qui l’explique (le théorème de Pythagore par exemple), elles semblent exister aussi pour la culture et pour l’homme : dans des circonstances données, je peux déjà prédire que j’agirai d’une certaine manière.

En ce qui concerne les affaires humaines, la difficulté à formuler la loi de l’action ne tiendrait qu’à la difficulté d’embrasser toutes les conditions provoquant sa réalisation : le cadre historique, l’humeur de l’individu, son expérience récente…

 

Liberté et déterminisme : définition des concepts

Le déterminisme

Il est ainsi absolument nécessaire d’aborder le baccalauréat avec une idée claire de ce que signifie le déterminisme et de qui l’a théorisé. Le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Spinoza. Celui-ci écrit en effet que « La liberté est l’ignorance des causes qui la font agir ». Autrement dit, si je me pense libre, c’est uniquement parce que je ne sais pas qu’il y a une loi qui me meut.

Spinoza parle ainsi de la liberté comme d’un fantasme, une illusion qui provient de notre manque de science et de notre orgueil à vouloir nous considérer comme un « empire dans un empire », c’est-à-dire comme des êtres non naturels. Cependant Spinoza n’est pas le seul à penser l’absence de liberté humaine : Hobbes, dans son Traité de la liberté et de la nécessité, dira ainsi que la liberté s’oppose à la contrainte (quand je suis en prison, je ne suis pas libre) mais non à la nécessité.

Pour Hobbes, les actions volontaires sont celles qui suivent le dernier appétit : ma « liberté » repose dans le choix de l’action dictée par le dernier désir que j’ai eu en mon esprit. On doit ainsi penser la liberté contre l’asservissement par les autres, mais non comme la soumission à des lois.

 

Et la liberté

Nous voyons bien maintenant l’étendue du problème : pour prouver la liberté humaine, il faut montrer que même si le monde est modelé par des lois scientifiques, et que nous percevons bien en notre for intérieur que nous avons aussi des tendances à agir de telle ou telle manière selon les circonstances, ces tendances ne valent pas loi et peuvent être contrées par la volonté de notre libre-arbitre. Si la liberté est intuitive comme le dit Rousseau, l’absence de liberté semble ici être logique ; à moins que nous réussissions le coup de maître de montrer que l’homme ne répond pas à des lois.

Descartes parlera en ce sens du pouvoir de la volonté, par rapport à l’entendement. Pour lui, tout choix présente le schéma suivant : l’entendement, faculté de connaissance de l’homme, propose à la volonté, faculté de décision, plusieurs possibilités. C’est ensuite la volonté qui fait le choix. Cette volonté, pour Descartes, est si grande, si étendue, si « ample » pour parler comme lui, qu’elle va jusqu’à nous faire connaître que nous sommes à l’image de Dieu.

Ainsi, pour résumer, même s’il existe une loi qui va nous pousser à faire quelque chose, le choix final reviendra toujours à notre libre-arbitre ; c’est ce qui fait que nous pouvons parfaitement agir de manière absurde et contre notre intérêt, à l’image de Lafcadio tuant sans aucune raison Amédée Fleurissoire dans Les Caves du Vatican d’André Gide (c’est l’épisode à partir duquel on a beaucoup théorisé l’ « acte gratuit »).

 

A retenir sur le déterminisme et la liberté

Pour conclure, le déterminisme a toute sa place dans la méthode scientifique : de l’état d’un système à un moment donné, par la connaissance des grandes lois de la nature, on peut connaître l’état du même système un peu plus tard. Par contre, le déterminisme semble compliqué à appliquer aux affaires humaines, et en particulier à la liberté humaine qui peut toujours surprendre malgré toutes les lois des plus grands psychologues. C’est sans doute à cause de la profondeur des émotions, idées, humeurs de l’homme, inconnaissables par les autres, inconnaissables par lui-même. S’il semble facile, a posteriori, de doter l’histoire de lois (Raymond Aron parle en ce sens d’ « illusion rétrospective de la fatalité »), la divination est encore un art dans lequel l’homme est ignorant.

 

Exemples de sujets utilisant la notion

  • En série S, en 2018, l’explication du texte de John Stuart Mill extrait de son Système de logique. Voir le corrigé dédié sur ce lien ;
  • En série ES, en 2019, l’explication du texte de Leibniz extrait de ses Remarques sur la partie générale des Principes de Descartes. Il traite du libre arbitre et du rôle qu’il joue dans l’action humaine. Resituer le texte dans le débat plus général sur le déterminisme, c’est-à-dire opposer les thèses en faveur et contre au cours du développement, est ici intéressant ;
  • En série S, en 2016, l’explication du texte de Machiavel issu du Prince. Voir le corrigé dédié sur ce lien ;
  • En série S, en 2019, le sujet de dissertation : « Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? ». La question du déterminisme se pose dans la mesure où s’il existe, il s’agit non de reconnaître ses devoirs, mais la nécessité, pour au contraire rentrer dans la liberté. Le mot « reconnaître » est intéressant parce qu’il va de la reconnaissance au sens de l’acceptation de l’existence des devoirs jusqu’au choix de ses devoirs. Si ainsi le déterminisme n’existe pas, reconnaître ses devoirs au sens de les choisir authentiquement peut être un choix de liberté, au sens kantien : je suis libre quand je me soumets à la loi que je me suis choisie.

 

N’hésitez pas à consulter d’autres fiches de philosophie en suivant ce lien.

Damien De La Rocque