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L’épreuve de dissertation en SES L’épreuve de dissertation en SES
Si tu dois passer l’épreuve de SES pour le baccalauréat, alors cet article te sera utile puisqu’il présente l’exercice de dissertation en SES. Bonne... L’épreuve de dissertation en SES

Si tu dois passer l’épreuve de SES pour le baccalauréat, alors cet article te sera utile puisqu’il présente l’exercice de dissertation en SES.

Bonne lecture !

 

Brefs rappels sur l’épreuve du baccalauréat en SES

Ton épreuve en SES dure quatre heures et présente un coefficient 7. Si tu as choisi l’option SES, alors tu devras composer pendant cinq heures et le coefficient montera à 9. Cette matière constitue donc un élément central de tes examens.

Au moment où tu reçois le sujet, tu dois décider de travailler :

– la dissertation,

– ou bien l’épreuve composée (tu peux retrouver toutes les informations sur l’épreuve composée dans notre article dédié à ce sujet).

Dans les deux cas, les sujets portent sur l’ensemble du programme de terminale.

 

Ce qui t’attend et ce qu’on attend de toi dans la dissertation en SES

« Dissertation », ce terme a de quoi impressionner ! Pourtant, même s’il s’agit d’un exercice exigeant, tu vas te rendre compte que c’est tout à fait jouable en suivant les recommandations énoncées ci-après !

 

L’exercice de dissertation en SES

Une dissertation est avant tout un exercice écrit qui consiste dans la discussion argumentée d’un sujet donné. En SES, il porte sur une thématique économique et/ou sociale que tu auras travaillée pendant l’année.

« Le libellé du sujet de la dissertation invite le candidat à poser et à traiter, d’une façon organisée et réfléchie, un problème exigeant un effort d’analyse économique et/ou sociologique ».

Bulletin officiel du 6 octobre 2011.

L’exercice de dissertation n’est donc surtout pas une récitation de cours. C’est un raisonnement logique et argumenté dans lequel tu vas proposer un cheminement intellectuel sur un sujet donné.

Le jour J, si tu prends la dissertation, tu vas travailler à partir de deux éléments qui te seront fournis :

  1. le sujet à proprement parler (formulé par une question),
  2. un dossier documentaire (composé la plupart du temps de trois ou quatre documents factuels, souvent statistiques) sur lequel t’appuyer pour ton raisonnement et ta démonstration.

Tu devras donc mettre en lien tes connaissances (d’où l’utilité de maîtriser les leçons, les auteurs, les concepts, les théories, les faits d’actualité, etc.) et les documents du dossier pour répondre au mieux à la question.

 

Les attendus et les critères d’évaluation de la dissertation en SES

Pour cette épreuve, les correcteurs seront particulièrement vigilants sur plusieurs éléments que tu dois avoir en tête.

  • Ta capacité à construire la problématique en lien avec le sujet proposé et à y répondre de manière structurée et argumentée.
  • Ton utilisation des documents. Ici, il est important que tu parles de façon équilibrée de chaque document, n’en néglige pas un au profit d’un autre. Essaie aussi de les mettre en lien les uns avec les autres (par exemple, en les comparant quand c’est possible).
    Sois bien vigilant, aie un usage « raisonnable » du dossier documentaire.

«  Ce dossier documentaire doit ni borner son horizon (en le détournant du recours à ses propres connaissances) ni lui servir de prétexte à un commentaire systématique et détaillé ». BO, 6 octobre 2011.

  • Ta capacité à mobiliser les connaissances de cours (auteurs, théories, concepts, vocabulaire économique) pour argumenter et illustrer.
  • Peut-être que tu t’interroges sur la longueur de ton devoir ? On attend d’un élève de terminale qui choisit l’exercice de dissertation de produire six à huit pages. Ne t’inquiète pas, le sujet est toujours suffisamment dense pour que tu puisses rédiger plusieurs pages. Par ailleurs, mieux vaut une bonne copie bien argumentée et équilibrée, mais un peu courte, qu’une copie très longue, mais peu convaincante.

 

Quelques exemples de sujets

En 2019, les bacheliers ont dû répondre à la question suivante :

«  L’école est-elle le seul déterminant de la mobilité sociale ?  »

Le dossier documentaire comportait trois pièces.
1 – Diplômes de l’enseignement supérieur des jeunes âgés de 25 à 29 ans en fonction du milieu social (en 2003-2005 et 2013-2015) (diagramme en bâtons).
2 – Catégorie socioprofessionnelle des personnes en 2014-2015 et de leurs parents en France (tableau de données).
3 – Niveau de diplôme selon la catégorie sociale en 2014 en % (tableau de données).

En 2018, la question était la suivante :

« Le salaire résulte-t-il uniquement de la confrontation de l’offre et de la demande du travail ? »

Le dossier documentaire comportait trois documents.
1 – Les thèmes de négociation en 2015 parmi les accords signés par des délégués syndicaux ou salariés mandatés (tableau de données).
2 – SMIG ou SMIC mensuel net en France, pour un temps plein, en % du salaire net moyen (courbe).
3 – Revenu salarial annuel moyen en France en 2014 (tableau de données).

La correction du sujet se trouve dans cet article.

 

La méthodologie de la dissertation en SES

Le cadre est désormais posé, nous pouvons attaquer la partie la plus stratégique, à savoir la méthodologie.

Afin de travailler le plus efficacement possible pendant les quatre heures chrono de l’épreuve et éviter le hors-sujet (le plus gros ennemi en dissertation), je te conseille de travailler en dix étapes, présentées ci-dessous.

dissertation SES

 

#1. Lire efficacement le sujet et définir le cadre (15 minutes)

C’est le début de l’épreuve, tu viens de choisir la dissertation, tu es au taquet ! Rien ne sert de te précipiter, prends plutôt le temps de bien comprendre ce qui t’est demandé.

Lis plusieurs fois l’intitulé du sujet, n’hésite pas à l’écrire sur ton brouillon. Cela te permettra de dégager les termes les plus importants et d’en donner tout de suite une définition. Ce réflexe t’aidera à cerner au mieux le sujet.

 

La méthode du QQCOQP

Je te conseille de procéder à la méthode très simple du « QQCOQP » afin de donner des limites au sujet.

Q – Qui ? → De qui parle-t-on ? Qui sont les acteurs dans le sujet ? (un pays, des consommateurs, un groupe de personnes, etc.)
Q – Quoi ? → De quoi parle-t-on ? Quels phénomènes sont ici évoqués ? (la croissance, le chômage, la mobilité sociale, etc.)
C – Comment ? → Quels sont les mécanismes, les concepts implicites ou explicites ?
O – Où ? → Y a-t-il une zone propre au sujet ? (pays, groupe de pays, entreprise, etc.)
Q – Quand ? → Sur quelle période/à quelle date renvoie le sujet ? S’il n’y a pas d’époque mentionnée, quelle serait la période pertinente pour le sujet ?
P – Pourquoi ? → Pourquoi pose-t-on cette question ? Quel est l’intérêt ? Quels sont les liens avec l’actualité ? (il y en a forcément, les sujets ne sont pas choisis au hasard ! )

Fais aussi attention aux adverbes ou à toutes les petites expressions à ne pas négliger. Tous les mots ont leur importance dans un intitulé de sujet !

 

Le type de sujet

Autre point très important, concentre-toi sur le type de sujet, ce qui va t’aider à choisir le plan le plus adapté. En général, on distingue deux types de sujets.

  1. Discussion/débat : il s’agit ici de peser le pour et le contre d’une affirmation. On trouve ce genre d’intitulés : « Dans quelle mesure… » ; « Peut-on dire que… » ; « Faut-il… » ; « Vous vous interrogerez sur… ».
  2.  Analyse/explication des liens entre les phénomènes : tu dois démontrer les mécanismes entre un phénomène A et un phénomène B (causes, conséquences, relations réciproques, etc.). C’est le cas pour les sujets du type : « En quoi… » ; « Montrez que… » ; « Expliquez… » ; « Analysez… », etc.

Tu verras qu’après avoir fait tout cela, tu seras déjà bien plus à l’aise avec le sujet.

 

#2. Construire une problématique sensée (10 minutes)

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la problématique ne correspond pas à la reformulation du sujet. Définir une problématique, c’est poser un cheminement intellectuel autour du sujet.

Construire une bonne problématique, c’est donc pousser la réflexion plus loin que l’intitulé pour aller dénicher d’autres questions intermédiaires liées au sujet. Pour le dire autrement, il faut trouver quelques questions (deux ou trois) qui montrent bien la tension qui existe autour du sujet et donc pourquoi c’est intéressant de disserter à ce propos.

Voici un exemple, pour que tu comprennes mieux comment procéder.

« La croissance économique permet-elle de préserver l’environnement ? »

Dans le cas du sujet suivant, une très mauvaise problématique serait simplement de reformuler la question, en disant par exemple : « L’environnement est-il protégé par la croissance économique ? » Ce serait peu convaincant, car aucune tension ni question intermédiaire n’est soulevée, alors que c’est une thématique brûlante dans les débats !

Au contraire, en faisant émerger les notions qui suivent, voici une vraie problématique :
constat (Quel constat peut-on faire du lien croissance/environnement ?)
raisons (Pour quelles raisons la croissance met-elle en danger l’environnement ? Quelle est la nature du problème ?)
solutions (Peut-on espérer un changement ? Quelles sont les solutions possibles ?)

 

#3. Façonner un plan provisoire (10 minutes)

Si tu as suivi les conseils énoncés jusque là, un plan provisoire, qui s’aligne sur les questions intermédiaires, devrait prendre forme assez facilement.

Ici, tu dois juste structurer ta réflexion autour de deux ou trois grandes parties, qui correspondent à de grandes idées formulées. L’élaboration d’un plan plus précis viendra après.

Pour un sujet type débat/discussion, tu peux suivre un plan du type « oui/non – mais ».
I. Réponse au sujet par l’affirmative II. Limites de cette réponse
I. Réponse au sujet par la négative II. Limites de cette réponse

Pour un sujet de type analyse, il y a plusieurs plans possibles :
I. Causes (idées à formuler) – II. Conséquences (idées à formuler)
I. Effets à court terme – II. Effets à long terme
I.
Effets directs – II. Effets indirects
I. Aspects quantitatifs – II. Aspects qualitatifs
I. Effets vertueux – II. Effets pervers
I. Analyse conjoncturelle – II. Analyse structurelle

 

#4. Mobiliser les connaissances autour du sujet (10 minutes)

Une fois que les idées sont formulées, c’est le moment d’aller chercher dans ta mémoire tous les éléments de cours qui permettent d’argumenter en faveur de tes idées. Notions, théories, auteurs, mécanismes, données statistiques, faits d’actualité, etc. Essaie d’être le plus complet possible.

 

#5. Analyser les documents (40 minutes)

Vient le moment d’analyser les documents. Pourquoi le faire après la mobilisation des connaissances ? Tout simplement pour éviter d’être absorbé par les informations contenues dans les documents et oublier d’autres éléments que tu connais pourtant sur le sujet. Dans les documents, cherches-y des données statistiques, des tendances, des exemples et contre-exemples, etc.

Je te conseille, à ce stade de l’épreuve, d’utiliser ton brouillon et de faire un tableau dans lequel tu relates les documents et les informations trouvées, et ce avec quoi tu peux les relayer. En effet, n’oublie pas de faire dialoguer les documents et tes connaissances, plus tu t’y attelleras, plus le contenu de ton argumentation sera intéressant. Et enfin, aucun document ne doit être laissé de côté, utilise-les tous.

 

#6. Construire un plan détaillé (25 minutes)

Arrive ensuite l’étape du plan. Si tu as suivi les conseils énoncés jusque là, le plan devrait prendre forme assez facilement. Néanmoins, prends le temps de le remplir précisément, sans rien oublier. Cela te permettra de gagner du temps dans la rédaction.

Voici quelques règles d’or pour le plan :
1. Ton plan doit être équilibré (autant de sous-parties dans chaque grande partie).
2. Une partie correspond à une grande idée, une sous-partie comprend un argument qui étaye l’idée.
3. Pour parler d’un argument, tu dois d’abord l’énoncer, puis l’expliquer précisément et enfin l’illustrer.

 

#7. Rédiger l’introduction au brouillon (20 minutes)

L’introduction est une partie importante de ta copie puisque c’est la première chose que va lire ton correcteur. En quelques lignes, celui-ci va déjà se faire une idée sur la façon dont tu as compris et vas mener le sujet.

Puisque c’est la première impression que tu donneras au correcteur, je te conseille de la rédiger entièrement sur le brouillon afin de la peaufiner au maximum.

Elle se compose de plusieurs parties indispensables :

1. L’accroche : comme son nom l’indique, il s’agit d’un élément qui est là pour susciter l’intérêt du lecteur. Bien entendu, les expressions du type « Depuis toujours/De tout temps/Ce sujet pose problème… » sont à bannir. Je te conseille d’utiliser une donnée chiffrée marquante, une citation pertinente, une référence culturelle (certains films parlent très bien de thèmes d’actualité), etc.

2. Présentation du sujet : il s’agit dans ce second moment de l’introduction de définir précisément les mots-clés du sujet et de donner le cadre spatiotemporel général (n’oublie pas la fameuse méthode du QQCOQP !)

3. La problématique : c’est le cœur de ta dissertation. Mets simplement à l’écrit la tension que tu as pu observer sur le sujet et les différentes questions intermédiaires qui en découlent.

4. Annonce du plan : tu dois indiquer au correcteur vers où tu l’emmènes. Tu peux tout à fait utiliser ce genre de phrase « Nous verrons que …. (I) ; puis …. (II) ».

 

#8. Rédiger la conclusion au brouillon (10 minutes)

Mais pourquoi rédiger une conclusion avant d’avoir écrit l’argumentation ? C’est certainement la question que tu es en train de te poser… La réponse est simple : beaucoup trop d’élèves négligent la conclusion parce qu’ils n’ont pas le temps de bien la rédiger. En t’y prenant avant, tu pourras finir en beauté ta dissertation. Alors, convaincu ?

Ta conclusion doit comporter deux parties.

1. Un résumé de ta démonstration. Ici, tu dois synthétiser ton développement et apporter une réponse explicite au sujet. Pour cela, essaie de répondre à la problématique en reprenant le fil conducteur de ta copie. La réponse finale ne doit pas être un nouvel argument ni un résumé du développement, mais un résultat dont il faut rendre compte.

2. L’ouverture. À toi de rapprocher ton sujet d’une autre problématique en lien avec ta dissertation. Tu vas sûrement penser à de nouveaux enjeux liés à ta réponse. Attention tout de même, mieux vaut une copie sans ouverture qu’une ouverture « foirée » et peu pertinente !

 

#9. Rédiger la copie (1 heure et 30 minutes)

C’est certainement l’étape qui te semblera la plus longue, et pourtant c’est ici que se joue la validité de ton raisonnement.

Si tu as suivi les conseils pour le plan détaillé, tu n’auras pas de mal à rédiger à partir du plan, sans tout devoir écrire au brouillon.

Voici quelques règles d’or :

  • Utilise un langage correct, rien ne sert d’écrire un poème. Privilégie les phrases simples et concises, évite les phrases à rallonge !
  • Utilise des mots de liaison pour structurer ton argumentaire.
  • Sois précis dans ce que tu mentionnes (les théories, les concepts, les auteurs, les illustrations).
  • N’oublie pas les transitions entre les grandes parties.
  • Ta copie doit être aérée, agréable à lire. Si tu t’en sors bien, le correcteur peut réussir à distinguer les différentes parties (introduction, sous-parties, transitions, etc.) sans même avoir à lire le contenu !

 

#10. Se relire ! (10 minutes)

Étape absolument indispensable et pourtant bien trop souvent négligée !

C’est le moment de corriger les petites fautes, d’ajouter les accents oubliés, de souligner les œuvres (si tu as donné des exemples), etc.

Si tu suis ces dix étapes, je te garantis que tu auras de bons résultats à la dissertation de SES.

 

Quelques petits conseils pour briller le jour J

Pour terminer en beauté, voici quelques-uns de mes petits conseils, qui, je l’espère, t’aideront le jour de l’épreuve.

 

1. S’entraîner tout au long de l’année

Acquérir la méthode de la dissertation prend beaucoup de temps. Je te recommande donc de prendre chaque DS ou contrôle comme un moyen de t’entraîner pour le baccalauréat. Arrives-y préparé, revois ton cours et tu seras armé comme il se doit !

 

2. Choisir la dissertation si tu es à l’aise

Entre la dissertation ou l’épreuve composée, le choix peut-être difficile. Sache que la dissertation peut-être très valorisée (une bonne note à la clef) si tu réussis à bien argumenter grâce à des idées pertinentes et un plan cohérent.

Si le thème ne t’inspire pas, prends plutôt l’épreuve composée. Le troisième exercice ressemble à une mini-dissertation, tu pourras t’amuser si tu aimes disserter 🙂

 

3. Faire des petites fiches bien utiles

Fais-toi des fiches par chapitre tout au long de l’année, avec des exemples, des illustrations, des faits, des statistiques. Tu pourras mobiliser ces ressources pour une illustration, une accroche ou encore une ouverture de conclusion.

Pour cela, tu peux t’appuyer sur les journaux Alternatives économiques, Courrier International ou les Echos, ainsi que sur les publications de l’Insee.

 

4. Connaître les graphiques !

Aie bien en tête la différence entre diagramme, histogramme, tableau, nuage de points, courbe, etc. Que ce soit pour la dissertation ou l’épreuve composée, tu en auras besoin !

 

5. Le brouillon, ton allié principal

Utilise ton brouillon, c’est un outil indispensable sur lequel tu vas pouvoir noter des dates, des idées, des auteurs, bref tout ce qu’il ne faut pas oublier pendant les quatre heures de l’épreuve. Fais-en bon usage, mais n’en abuse pas (ça ne sert à rien d’écrire toutes les phrases) !

 

Je te souhaite bonne chance pour tes épreuves ! N’hésite pas à consulter nos autres articles pour te préparer au mieux et réussir les SES !

Florine Brière